Festival des Masques 2026 à Porto-Novo : retour sur une édition mémorable
Les 25 et 26 juillet 2026, Porto-Novo a vécu deux journées hors du commun. Pendant tout un week-end, la capitale du Bénin s'est transformée en une immense scène à ciel ouvert où communautés de masques, dignitaires traditionnels, artistes, chercheurs, artisans, habitants et visiteurs venus du Bénin et d'ailleurs se sont rassemblés autour d'une même ambition : célébrer, transmettre et faire rayonner les patrimoines vivants.
Grande Procession des Masques sur le Boulevard Lagunaire, animations dans cinq places historiques, Village du Festival, Colloque scientifique international et deux grandes soirées de concerts : cette troisième édition du Festival des Masques restera comme celle qui a fait basculer le rendez-vous d'un événement culturel vers une véritable expérience de destination. Retour sur les temps forts d'une édition qui a marqué les esprits.
Une édition 2026 qui a marqué un tournant
Le Festival des Masques est bien plus qu'un rendez-vous culturel : il est l'expression vivante d'un patrimoine, d'une mémoire partagée et d'une identité qui se transmet, se réinvente et se perpétue de génération en génération. En 2026, la programmation ne s'est plus organisée autour d'un seul espace : elle s'est déployée dans plusieurs quartiers et lieux emblématiques, créant un véritable parcours culturel à l'échelle de Porto-Novo.
Une programmation étendue à toute la ville
Cinq places historiques, le Village du Festival, le Boulevard Lagunaire et l'École du Patrimoine Africain (EPA) ont accueilli les activités pendant deux jours. Cette édition a réuni dans un même programme les traditions, la recherche scientifique, les savoir-faire artisanaux, la création artistique, les activités familiales, la découverte touristique et les rencontres entre cultures béninoises et internationales. Aux côtés des Zangbéto, Egungun, Gèlèdè, Gounouko et Vodun Hounvè, le public a découvert des masques chinois et des traditions masquées d'Afrique de l'Ouest.
Les temps forts du Festival des Masques 2026
Cinq grandes expériences ont rythmé le week-end et donné à cette édition son intensité particulière.
La Grande Procession des Masques, le sommet du week-end
Point d'orgue de l'édition 2026, la Grande Procession des Masques s'est tenue le dimanche 26 juillet, de 17 h à 18 h 30, sur le Boulevard Lagunaire. Zangbéto, Egungun, Gèlèdè, Gounouko, Vodun Hounvè et les délégations invitées venues d'autres horizons se sont retrouvés dans une déambulation spectaculaire au cœur de Porto-Novo, donnant à voir la diversité, la force symbolique et la richesse des patrimoines vivants.
Plus qu'un rassemblement, cette procession a été un temps de transmission, de rencontre et de célébration collective, porté par les communautés qui préservent et font vivre ces traditions. L'accès était libre et gratuit.
Les Animations des Places : cinq scènes à ciel ouvert
Pendant les deux journées, cinq places historiques de Porto-Novo ont accueilli sorties, performances et démonstrations de masques, au plus près des communautés qui perpétuent ces traditions. Le public a pu approcher ces patrimoines et découvrir la ville à travers un parcours culturel déployé d'un quartier à l'autre.
Le Village du Festival, le lieu de toutes les rencontres
Véritable cœur vivant du Festival, le Village a réuni traditions, artisanat, gastronomie et expressions artistiques dans une atmosphère conviviale et accessible. Les animations live se sont succédé toute la journée, avec notamment Kaléta, Adé-Oba, Python et Gèlèdè, jusqu'au mix de clôture du samedi soir.
Les familles y ont trouvé une programmation dédiée : ateliers créatifs pour enfants autour des masques (coloriage, maquillage et initiation à leur fabrication), démonstrations de sculpture sur bois, création de parures en perles et initiation aux rythmes traditionnels.
Le Colloque scientifique international à l'École du Patrimoine Africain
Parce que la préservation du patrimoine passe aussi par la connaissance, deux journées ont été consacrées à la réflexion scientifique et au dialogue des savoirs, à partir de 9 h à l'École du Patrimoine Africain (EPA). Plus de 50 chercheurs et experts venus de plusieurs pays, universitaires, spécialistes du patrimoine et praticiens du Vodun se sont réunis autour du thème « Masques Vodun : Héritage et modernité ».
Conférences inaugurales et plénières, communications scientifiques et débats interdisciplinaires ont exploré six grands axes : masques et identités culturelles ; masques et patrimoines vivants ; masques, innovation et numérique ; spiritualité, transmission et anthropologie du Vodun ; préservation, documentation et valorisation des patrimoines ; patrimoine, tourisme et développement économique. L'accès y était, lui aussi, libre et gratuit.
Les Grands Concerts : deux soirées au rythme de la scène béninoise
À la tombée de la nuit, le Boulevard Lagunaire s'est transformé en grande scène à ciel ouvert. Les 25 et 26 juillet, à partir de 19 h, des artistes majeurs de la scène béninoise se sont succédé pour deux soirées placées sous le signe de la musique, de la création et du partage.
Vano Baby, X Time et Ghix, Nza, Tyaf, First King, Crisba, Conex et Don, Aimée Hovinou, Faty, Jackinos Aziza, Opa, Richard Flash, Pepe Oleka, Madano et Dorz-B se sont partagé la scène, aux côtés des animateurs Gilchrist Ayité, Naomi Soumanou et Lionel Kinha, et des DJ Davyo et DJ Yann Le Killer.
Porto-Novo, capitale des patrimoines vivants
Si le Festival des Masques trouve naturellement sa place à Porto-Novo, c'est parce que le patrimoine ne s'y contemple pas seulement : il s'y vit, s'y transmet et façonne le quotidien. Capitale politique du Bénin, ancienne cité royale et carrefour historique d'influences africaines et afro-brésiliennes, la ville est l'une des plus remarquables cités patrimoniales d'Afrique de l'Ouest.
Ses palais royaux, ses places historiques, ses musées, sa Grande Mosquée, sa lagune et ses nombreux lieux de mémoire racontent une histoire singulière, marquée dans certains quartiers par l'architecture afro-brésilienne. Cérémonies, savoir-faire artisanaux et patrimoines immatériels continuent d'y animer la vie quotidienne. En 2026, le Festival a révélé une capitale qui ne se contente pas de préserver son patrimoine : elle le fait vivre, le transmet aux nouvelles générations et le partage avec le monde.